27.01.2012
NON à un salaire minimum
Ce lundi, l’Union syndicale suisse a déposé son initiative demandant un salaire minimum de 4000 francs par mois. Il convient de s’opposer fermement à l’inscription d’une telle exigence dans la Constitution fédérale. Cela nuirait indubitablement à la compétitivité de plusieurs branches et entreprises, donc également à l’emploi, et pénaliserait de ce fait ceux-là même que la mesure est censée aider, tout en risquant de provoquer une recrudescence du travail au noir. Par ailleurs, comme le montrent les exemples venant de l’étranger, le salaire minimum peut agir comme un puissant facteur de nivellement par le bas, ce qui n’est de toute évidence pas souhaitable. Il s’agit bien plutôt de laisser exclusivement aux partenaires sociaux et au jeu du marché le soin de déterminer le montant des salaires. Ce système a très bien fonctionné jusqu’ici, le niveau général des salaires en Suisse pouvant être qualifié de bon, voire très bon, en comparaison internationale.
Alain Maillard
25.01.2012
Les six semaines qui divisent même la gauche
C’est parti ! Opposants et partisans ont lancé la campagne relative à l’initiative syndicale « 6 semaines de vacances pour tous », objet de la votation du 11 mars prochain.
Sous le slogan « Vacances en plus = chômage en plus », les opposants, au nombre desquels nous sommes, fustigent l’augmentation des coûts du travail qu’entraînerait cette initiative ainsi que la menace directe qu’elle représente pour les PME, déjà fort éprouvées par la crise conjoncturelle et la force du franc, et donc pour l’emploi. Et de souligner à juste titre les vertus du partenariat social, cadre dans lequel toute modification des conditions de travail doit continuer d’être négociée.
Comme l’a judicieusement relevé la conseillère fédérale (socialiste) Simonetta Sommaruga, au nom du gouvernement, l’initiative risque fort de se retourner contre les travailleurs. Et ce constat semble être partagé par de nombreux sympathisants de gauche. Ainsi que l’écrivait récemment « Le Temps », l’unité affichée par les syndicats et les milieux de gauche n’est pas si évidente qu’il n’y paraît. On murmure que les Verts, notamment vaudois, sont peu enthousiastes, voire divisés, alors que certains responsables syndicaux n’hésiteraient pas à affirmer, en coulisse, que l’augmentation de la durée des vacances n’est pas forcément la priorité du moment.
Que les citoyens, qui sont encore majoritairement en faveur de l’initiative, si l’on en croit les derniers sondages, mettent à profit les quelques semaines qui nous séparent de la votation pour réfléchir sur l’avenir qu’ils se souhaitent ! Car davantage de vacances, cela risque bien d’être synonyme de stagnation, voire diminution des salaires, de mise au chômage partiel ou de perte d’emplois.
Alain Maillard
16:17 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18.01.2012
Le cœur de l’économie bat de moins en moins dans les grandes villes « bobos »
Dans un récent éditorial, un géographe et élu socialiste pose la question de savoir quel est le rôle de grandes villes suisses comme Genève, à savoir garder leurs fonctions de centres économiques ou devenir des lieux de résidence comme des autres.
Or cette question ne se pose déjà plus à un certain nombre d’entreprises qui ont choisi de s’installer en dehors de Genève et Lausanne, voire de déplacer leurs sièges en dehors de ces villes-centres.
En ce sens, les statistiques vaudoises démontrent que le poids en emplois du district de Lausanne a diminué entre 2001 et 2008, alors que celui des districts de Nyon et Morges n’a cessé d’augmenter, au point de représenter plus de 60% des emplois du district du chef-lieu.
Une récente étude genevoise relève également que le nombre d’emplois a augmenté deux fois plus entre 2001 et 2008 dans le district de Nyon que dans le canton de Genève et relève que : «(…) la progression de l’emploi est d’autant plus marquée qu’on s’éloigne du centre (…). La progression plus rapide en couronne provient d’une meilleure capacité d’accueil, notamment en termes de disponibilité des terrains (…). Les services financiers quittent la ville-centre et se développent essentiellement dans sa proche banlieue, voire un peu en périphérie (…)».
De fait, tout indique, avant même qu’un débat politique ait lieu à propos du rôle des grandes villes, que le cœur de l’économie bat de moins en moins dans ces dernières. Un tel constat ne peut d’ailleurs étonner que les bourgeois bohèmes (« bobos »), tant il est clair que les restrictions d’accès aux centres qu’ils ont instaurées incitent les entreprises à voter … avec leurs pieds.
Patrick Eperon
09:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.01.2012
Un lourd tribut pour sauvegarder la crédibilité et l'autonomie de la BNS
Le président de la direction de la BNS a jeté l’éponge parce qu’il ne pouvait démontrer qu’il n’avait pas commis de délit d’initié. M. Hildebrand vient d’apprendre à ses dépens que dans le monde d’après Lehman Brothers, un gouverneur de banque centrale, à l’instar d’un membre de gouvernement, doit être irréprochable, au point de ne pas pouvoir invoquer la règle que le doute raisonnable doit profiter à l’accusé.
Face à la pression politico-médiatique, outre la crédibilité de M. Hildebrand, celle de la BNS en tant qu’institution était mise en cause ; la démission du président devenait ainsi inéluctable.
Cette démission a cependant un coût pour la BNS et le pays. D’autres ont souligné les mérites professionnels du démissionnaire. Nous nous bornons à relever que la Suisse perd dans cette affaire aussi la vice-présidence du Conseil de stabilité financière que le G-20 avait attribué à M. Hildebrand à titre personnel. Or, il s’agit là d’une position privilégiée grâce à laquelle il aurait pu œuvrer de manière significative pour une meilleure compréhension de la Suisse, de ses institutions et spécificités économiques, auprès d’acteurs internationaux qui influent de façon déterminante sur les conditions cadres globales s’appliquant, de fait ou de droit, en Suisse.
Les instances de contrôle de la BNS sont appelées à actualiser sans attendre les règles qui touchent aux opérations financières effectuées par les membres de la direction de la banque (compliance measures). Il n’est par ailleurs pas souhaitable que cette regrettable affaire soit instrumentalisée – sur le plan politique – pour limiter la nécessaire indépendance de notre banque nationale.
Stéphane Bloetzer
10:11 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.12.2011
Caisse unique: les promesses rendent les fous joyeux
La gauche se réjouit ces jours du succès rencontré par son initiative populaire en faveur d'une caisse-maladie unique. A vrai dire, il n'est guère surprenant que beaucoup de gens se laissent séduire par les promesses qui y sont liées, en particulier par celle de diminuer les charges individuelles d'assurance.
Il est facile, mais faux, de faire porter la responsabilité de la situation actuelle aux caisses-maladies privées – lesquelles agissent, soit dit en passant, dans un système de santé qui ne l'est déjà plus. En réalité, si les coûts augmentent, c'est parce que l'espérance de vie augmente, mais aussi parce que notre société estime avoir droit à tous les soins, soins de rétablissement de la santé mais aussi soins de confort et d'esthétique, soins physiques mais aussi soins psychiques, et cela toujours avec la qualité la plus élevée, et bien entendu sans limitation aucune. On peut être pour ou contre, mais il est certain que cela coûte cher et risque de continuer à coûter de plus en plus cher. La gauche, en misant sur le réflexe du «droit à», ne lutte pas contre cette tendance mais la renforce plutôt.
Une caisse unique, c'est-à-dire une étatisation de l'assurance-maladie, ne stoppera pas la progression des coûts de la santé, au contraire. Mais elle la dissimulera probablement mieux en l'assimilant peu ou prou aux dépenses de l'Etat. Elle donnera une apparence trompeuse à une situation non maîtrisée, tout en évacuant davantage la responsabilité individuelle. C'est peut-être cela qui plaît tant; mais alors on est en droit de s'en inquiéter!
Pierre-Gabriel Bieri
17:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
19.12.2011
Le devenir des assurances sociales dans la nouvelle configuration politique
Comme chacun sait, l’heure est à l’assainissement et aux réformes dans de nombreuses branches des assurances sociales. Si le dossier de l’assurance-chômage a connu un épilogue favorable lors de la votation de septembre 2010, d’autres sont en cours : 6ème révision de l’AI, AVS, 2ème pilier, assurance-maladie. Quel seront les conséquences du nouveau visage du Parlement fédéral sur ces vastes et importants chantiers ?
Les élections d’octobre ont débouché sur un renforcement du centre. En d’autres termes, elles ont affaibli les extrêmes, ce qui peut donner à penser que les blocages idéologiques et les alliances contre nature (que l’on a connues lors de l’échec aux Chambres fédérales de la dernière mouture de la 11ème révision de l’AVS) diminueront. D’un autre côté, les élus du centre se répartissent entre un plus grand nombre de partis, les positions de certains d’entre eux (Verts libéraux et PBD par exemple) sur les grands dossiers sociaux du moment n’étant pour l’instant pas des plus limpides. Ce qui nourrit la crainte de majorités imprévisibles.
Il est donc difficile pour l’heure de savoir si les défis qui nous attendent dans le domaine des assurances sociales, comme dans d’autres d’ailleurs, seront dorénavant mieux relevés ou non. Mais la désignation, vendredi dernier, comme chef du Département de l’intérieur, de Monsieur Alain Berset, personnalité aux compétences certes reconnues, mais qui n’en reste pas moins d’obédience socialiste, ne laisse pas forcément augurer du meilleur.
De toutes les manières, les milieux de l’économie resteront vigilants et continueront sans relâche de sensibiliser les élus et de les convaincre de l’absolue nécessité d’assurer durablement l’assise financière de nos assurances sociales.
Alain Maillard
08:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.12.2011
Suppression de la valeur locative: verre à moitié vide ou à moitié plein?
Ce matin, le Conseil des Etats a scellé le sort du contre-projet boiteux que le Conseil fédéral voulait opposer à l’initiative populaire «Sécurité du logement à la retraite». Par 23 voix contre 17, il a en effet refusé d’entrer en matière, suivant ainsi l’avis exprimé par le Conseil national le 15 juin dernier.
Peuple et cantons se prononceront donc uniquement sur l’initiative populaire, sans doute sans recommandation de l’Assemblée fédérale, puisque les deux Chambres ne sont pas d’accord sur le sort à lui réserver. D’un côté, il est heureux que les choses soient ainsi désormais clarifiées et que le débat sur l’initiative ne soit pas troublé par un contre-projet qui créait plus de problèmes qu’il n’en résolvait. On se souvient en particulier qu’il aurait touché à la substance même du système fiscal, en condamnant en tant que tel le principe de la déduction des dettes.
D’un autre côté, on regrette qu’il n’ait pas été possible d’élaborer une meilleure alternative ou au moins un complément à l’initiative. Nous la soutenons bien sûr sans hésiter, notamment parce qu’elle concentre ses efforts sur les propriétaires âgés, qui subissent particulièrement les désagréments de la valeur locative. Mais son sort devant le souverain est plus qu’incertain et elle rencontrera diverses oppositions, non seulement de la gauche, mais aussi probablement des cantons. Le risque est donc grand que l’on aboutisse au final au statu quo, au grand dam de tous ceux qui pensent, à raison, que le système actuel d’imposition de la valeur locative n’a rien de satisfaisant.
Olivier Rau
14:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09.12.2011
La croissance démographique du canton de Vaud : un atout pour le canton
Le Service cantonal de recherche et d’information statistiques (SCRIS) a publié une étude en décembre 2011 qui relate la croissance démographique très importante dans le canton de Vaud durant la période 2000-2010. En effet, en comparaison avec l’année 2000, la population vaudoise a augmenté de 92'200 habitants pour atteindre 708'200 personnes, soit une hausse de 15%, alors que la population suisse n’a crû que de 9% pour s’établir à près de 8 millions de personnes.
Cette progression impressionnante s’explique par le fait que la conjoncture durant cette décennie a été soutenue et que l’accord sur la libre circulation des personnes (en vigueur dès juin 2002) a favorisé la venue d’immigrants répondant aux besoins de l’économie. Selon le SCRIS, le flux migratoire est essentiellement composé de ressortissants français et portugais. Cet apport migratoire permet non seulement d’assurer la croissance pour le canton, mais également de freiner le vieillissement démographique.
C’est le lieu de rappeler que les entreprises ont créé près de 60'000 emplois durant cette période. Aussi, l’immigration qui s’en est suivie travaille et génère de la richesse pour l’ensemble de notre société. Il y a lieu de s’en réjouir plutôt que de s’en plaindre en évoquant la saturation des autoroutes et une pénurie de logements.
Frédéric Dovat
10:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
29.11.2011
Dettes publiques : la condamnation des agences de notation ne suffit pas !
Il est de bon ton de tirer à boulets rouges sur les agences de notation financière, particulièrement sur les trois principales qui réalisent l’essentiel du chiffre d’affaires de la profession tout en ayant le mauvais goût d’être anglo-saxonnes.
Cela posé, on rappellera que la condamnation des messagers porteurs de mauvaises nouvelles ne suffit pas et ne suffira pas à restaurer le crédit d’Etats (européens) dont le taux d’endettement dépasse souvent la valeur de leur production économique annuelle ou PIB (dette grecque équivalant à 160% du PIB, dette italienne équivalant à 120% du PIB, dette belge équivalant à 97% du PIB).
Il s’agit là en effet de situations financières catastrophiques, qui résultent souvent de dizaines d’années de vie à crédit et/ou de mauvaise gestion publique et non de notations plus ou moins justifiées de la part de technocrates que l’on imagine grassement rétribués.
Soyons donc clairs : les collectivités publiques surendettées n’échapperont pas à des mesures d’austérité même si elles créent leur propre agence de notation financière. La Suisse et le canton de Vaud, qui ont massivement réduit leurs dettes ces dernières années, attestent la justesse de cette politique.
Patrick Eperon
09:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
25.11.2011
La paix entre les classes
C’est l’événement de cette semaine: les représentants des syndicats et des organisations patronales se sont présentés ensemble devant les médias pour célébrer cent ans de paix du travail grâce aux conventions collectives de travail (CCT). Et la lutte des classes, alors?
Si, malgré les critiques – les négociations sont parfois difficiles et il reste encore beaucoup de travailleurs non couverts par une CCT –, le partenariat social continue à être pratiqué, c’est sans doute parce que chacun a conscience que cette voie, même si elle paraît parfois frustrante, reste meilleure que celle de la confrontation. Et surtout parce qu’employeurs et employés, réunis en communautés professionnelles, savent qu’ils ont un objectif commun qui est la prospérité de la société. Ils s’en rendent naturellement compte en travaillant ensemble, que ce soit pour organiser la formation professionnelle, pour gérer des fonds paritaires ou pour contrôler la bonne application des conventions collectives.
Il faut souhaiter longue vie au partenariat social, qui prouve que, dans la pratique, la paix entre les classes existe.
P.-G. Bieri
10:44 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



