25.03.2008
Assurance-chômage ou comment assurer l’avenir
La consultation relative à la révision de la loi fédérale sur l’assurance-chômage touche à sa fin. Les milieux concernés ont en effet jusqu’au 28 mars pour se prononcer sur un projet du Conseil fédéral qui entend assainir cette branche d’assurance, en combinant des mesures d’économie et des recettes supplémentaires.
Les économies proposées sont de bon aloi. Quoi qu’en dise la gauche, elles ne remettent nullement en cause les fondements de notre assurance-chômage, mais visent pour l’essentiel à éliminer certaines incitations aux abus et à favoriser la réinsertion dans le marché du travail. Est-il normal par exemple qu’une jeune personne sortant de formation puisse s’offrir quasiment une année de « vacances » aux frais de l’assurance ? Prolonger substantiellement le délai d’attente dans des cas de ce genre n’apparaît pas comme du démantèlement social, mais comme une simple mesure d’équité. De même est-il justifié que tel ou tel canton organise à tour de bras des programmes d’occupation pour chômeurs dans le seul but de faire renaître des droits à l’assurance-chômage ? Assurément pas.
Au chapitre des recettes supplémentaires, on peut aussi entrer en matière. Car il n’est pas sain qu’une branche d’assurance quelle qu’elle soit accumule les déficits, année après année, et que son niveau d’endettement atteigne des proportions gigantesques. Mais on ne peut aller ici aussi loin que le projet du Conseil fédéral. Un relèvement du taux de cotisation de 0,2% (l’établissant ainsi à 2,2%), qui rapporterait quelque 460 millions de francs par année, est le plus qu’on puisse raisonnablement accepter. Cela dans un souci de juste équilibre entre montants d’économie et recettes supplémentaires et afin de ne pas exagérément augmenter, pour nos entreprises, un coût du travail qui est parmi les plus élevés au monde et freiner par là une croissance enfin retrouvée et génératrice à la fois de richesses et d’emplois.
Alain Maillard
Est-il normal qu’une jeune personne sortant de formation puisse s’offrir quasiment une année de « vacances » aux frais de l’assurance ? Est-il justifié que tel ou tel canton organise à tour de bras des programmes d’occupation pour chômeurs dans le seul but de faire renaître des droits à l’assurance-chômage ?
15:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note


Commentaires
Alain Maillard,
Avez-vous déjà été au chômage ? Car en lisant vos lignes, il apparaît que vous ne savez pas de quoi il s'agit.
A moins que vous ne soyez de ceux pour qui le chômage des autres, c'est des vacances, alors que le sien, c'est du boulot.
Ecrit par : FuFus | 25.03.2008
Figurez-vous que la réponse à votre question est "oui". Et j'y ai précisément fait des observations intéressantes qui me font dire que le potentiel d'économies n'est de loin pas épuisé!
Ecrit par : Alain Maillard | 26.03.2008
Expérience personnelle ou pas, il est scandaleux de parler d'une "année de vacances" au sujet des jeunes chômeurs ou des chômeurs en général. La recherche d'emploi est difficile, surtout si l'on a ni formation, ni expérience professionnelle, il faut démontrer ses efforts de recherche d'emploi ou subir des sanctions. Et, de toute façon, vivre avec un revenu diminué et ce pour une période qui s'annonce longue, surtout si l'on a pas de formation.
Si l'augmentation du délai d'attente pour jeunes chômeurs passe la rampe, l'aide sociale devra reprendre le flambeau. Où sont les économies? Nulle part.
Ecrit par : Jean Christophe Schwaab | 26.03.2008
"Si l'augmentation du délai d'attente pour jeunes chômeurs passe la rampe, l'aide sociale devra reprendre le flambeau. Où sont les économies? Nulle part."
C'est aussi au responsables politique de l'aide social de prendre leurs responsabilité.quand ont vit encore chez papa maman,et -il necessaire de toucher l'aide social? Evidement si la situation famillale vit difficilement,c'est different, les aides doivent être ciblées dans un premier temps.
D.J
Ecrit par : D.J | 26.03.2008
En parlant de vacances, il est faux de croire que tous les jeunes sont dans ce cas. En effet, que doit-on dire si un jeune à la recherche d'un emploi ne trouve que des réponses néagtives, si toutefois les patrons prennent le temps de répondre. Un jeune se trouve au chômage ressent la pression qui est mise sur son dos. Tous l'accablent en le traitant de menteur, de fainéant ou de fraudeur. Que répondre à un jeune au chômage qui touche, à 20 ans, la somme de 490 fr. par mois. Les parents ne peuvent que lui dire : on est là, avec toi et on t'aide. Je suis certain que tous les jeunes qui sont actuellement dans cette situation n'ont qu'un seul voeux : SE METTRE AU TRAVAIL....
Ecrit par : gawitsch | 27.03.2008
Je rejoins J-C Schwaab quant au vocabulaire démagogique utilisé par M. Maillard et il est véridique que le jeune qui termine sa formation ou ses études se trouve dans une position de faiblesse face au monde de l'emploi.
Cette période peut être pour celui-ci un tremplin nécessaire vers sa future vie professionnelle.
Par contre, je propose une piste de réflexion quant à la technique de l'arrosoir qui distribue les deniers de l'état sans tenir compte de la situation de famille du demandeur. Ce qui est valable pour toutes nos assurances sociales. Par exemple quand l'AI verse > 2'000.-- / mois, à un jeune vivant chez ses parents, les montants de l'AC sont bien plus modestes.
Ecrit par : Bernard Deillon | 27.03.2008
"Est-il normal par exemple qu’une jeune personne sortant de formation puisse s’offrir quasiment une année de « vacances » aux frais de l’assurance ?"
Cher Monsieur, je vote à droite en toute occasion, mais pour répondre à votre question...êtes-vous sûr que c'est bien désiré de la part de celui qui vient tout juste d'obtenir son diplôme, que de vouloir vivre avec 2'300,- francs, alors qu'il pourrait en avoir 5'000,- francs par mois ?
N'est-ce pas le marché de l'emploi qui fait que nos jeunes sont obligés de devenir des diplômes-chômeurs ?
Croyez-vous sincèrement qu'ils ne veulent pas travailler et gagner bien plus d'argent et en plus gagner de l'expérience ?
Permettez-moi de vous dire que vous vous trompez...
Quant à ceux qui ont de l'expérience et plus de 50 ans, qui "coûtent" aux patrons, en cotisations sociales, mais qui, par leur carnet d'adresses font gagner de l'argent aux patrons...ou bien ceux qui se font mettre à la porte juste à 63 ans, 2 ans avant la retraite...
C'est bien le manque de places de travail et la volonté d'embaucher des frontaliers qui est le problème...nous le savons bien à Genève...
Bien à vous, Victor...
Ecrit par : Victor DUMITRESCU | 27.03.2008
Il m'arrive d'être lassé du langage d'extrême-gauche, et de le trouver un peu suranné. Rien de tel alors que de lire les publications du Centre Patronal: le dépaysement est total, on se trouve dans un monde atemporel, qui semble se perpétuer sans changement majeur depuis deux siècles. La trouvaille du jour est sur le blog du centre patronal, elle a même été mise en évidence par son auteur, Alain Maillard:
"Est-il normal qu’une jeune personne sortant de formation puisse s’offrir quasiment une année de « vacances » aux frais de l’assurance ?"
J'ai eu l'avantage de bénéficier, en sortant de l'uni, de telles "vacances", et de recevoir pendant près d'une année des indemnités allant de 1'300 francs (avant 25 ans) à 2'650 francs (dès 25 ans révolus) - brut bien entendu. Ces vacances ont quand même été interrompues par quelques centaines de postulations, par quelques gains intermédiaires qui m'ont attiré beaucoup d'inconvénients administratifs et aucun avantage pécunier. J'en ai aussi profité pour développer les activités associatives, avec les migrants en particulier. Mais je suppose que c'était des abus du point de vue du Centre Patronal, puisque pendant ce temps, je n'ai créé aucune richesse, juste diminué un peu la misère...
En fait, le côté vacances, c'était d'aller à des entretiens d'embauche dans un certain nombre de villes de Suisse (Bienne, Zurich, Bâle, Berne et Neuchâtel de mémoire).
Alors si ce tableau paraît si attirant à M. Maillard, je ne peux que lui conseiller de se mettre aussi au chômage quelques temps. Personnellement, je préfère qu'il soit payé pour ce genre de vacances que pour faire des bulletins du centre patronal...
Ecrit par : David Payot | 27.03.2008
Bonjour M. Maillard !
Je lis votre commentaire sur les "abus" des chômeurs. Moi je pense qu'il faudrait plutôt aider les personnes à (re)trouver un travail, au lieu de pénaliser, que ce soit des jeunes avec ou sans formation. Mais dites-moi, que pensez-vous des employeurs qui licencient des personnes à 60 ans et plus, à quelques mois ou années de la retraite. Vous savez aussi que pour ces personnes, c'est une véritable galère que de retrouver un travail. Donc, au lieu de culpabiliser encore le chômeur, ne faudrait-il pas une loi qui interdise l'employeur de licencier un employé, qui de plus a consacré plus de la moitié de sa vie au sein de la même entreprise, et ceci pour des raisons que plus on est vieux, plus on coûte à l'entreprise. C'est juste honteux, mais là... tout le monde patronal se tait.
Ecrit par : Sandrine F. | 27.03.2008
Il est toujours assez amusant de constater avec quelle constance le patronat parvient à justifier les régressions sociales par des arguments, qu'il peut auto-qualifier de "réalistes", "pragmatiques", afin, bien sûr, de pérenniser le système d'assurance. Nous régressons, mais c'est pour notre bien !
Plutôt que de propager des discours rabâchés, Monsieur Maillard pourrait prendre pour objet d'analyse les postulats sur lesquels il fonde ses arguments : "économies de bon aloi", "incitation aux abus" et surtout, dans le registre macro-économique le fameux "croissance génératrice d'emplois". Que de nouveautés dans cette soupe rhétorique de la droite libérale ! Libérale pour le capital, bien sûr ! Un peu moins quand il s'agit de protection et de droits du travailleur ou, plus simplement, du citoyen (citoyenneté, droits, devoirs, cela vous dit-il quelque chose ?) !
Et Monsieur Maillard pourrait également s'interroger sur le report de coûts que l'économie privée fait porter aux collectivités publiques lorsque les étudiants sortant de formation n'auront pas d'autres choix que de s'adresser à l'aide sociale pour pouvoir survivre ! Ah non, c'est vrai, quand on veut, on peut ! Et ne tenons surtout aucun compte de la réalité sociale et historique de la période actuelle.
Ne pourrait-on pas envisager de changer d'orientation et de socialiser les profits pour assurer la pérennité de notre système d'assurance ? Ne serait-ce pas là aussi une question également réaliste et pragmatique ?
Ecrit par : Julien Binggely | 28.03.2008
Ce qui est amusant, c'est bien plutôt de constater, à chaque billet, à quel point les réactions sont prévisibles: on sait exactement ce qu'on va nous répondre, quels arguments vont être employés, quels mots vont être utilisés pour essayer de nous culpabiliser... C'est tellement facile de jouer ainsi sur les sentiments et les émotions, pourquoi s'en priver! Quitte à nier en bloc tout ce qui dérange. Pour ma part, j'ai entendu de mes propres oreilles, à la fin de mes études, une bande de joyeux Valaisans, pas l'air particulièrement à plaindre, qui s'expliquaient mutuellement comment procéder pour toucher le chômage et combien ils allaient pouvoir gagner avant de commencer leur activité professionnelle. (Il est vrai qu'il s'agissait d'une faculté plutôt marquée à gauche, ceci explique peut-être cela!) Je suis sûr que certains de nos vertueux contradicteurs ont aussi entendu des choses pareilles, même s'ils l'ont ensuite soigneusement oublié. Il ne s'agit certes pas de tous les jeunes, mais le phénomène existe bel et bien!
Ecrit par : P.-G. Bieri | 30.03.2008
Monsieur P.-G. Bieri,
Je ne fais que reprendre vos propres dires:
"Ce qui est AMUSANT, c'est bien plutôt de constater, à chaque billet, à quel point les réactions sont prévisibles: on sait exactement ce qu'on va nous répondre, quels arguments vont être employés, quels mots vont être utilisés pour essayer de nous culpabiliser... "
Puis vous utilisez un exemple: Celui d'une bande de "joyeux valaisans". Déjà là, vous êtes "amusant" vous aussi! Quel différence celà fait-il qu'ils soient Valaisans ou Vaudois? Quelle différence cela fait-il qu'ils soient joyeux ou triste? Vous auriez pu aussi ajouter -pour faire plus couleur locale- qu'ils tenaient tous une bouteille de Fendant à la main et buvaient au goulot! Des Valaisans: presque des étrangers, presque des moutons noirs, presque des gens pas comme vous. Après une intervention aussi magnifique, je dis:
Ich bin ein Walliser!
... Et vous finissez tout en finesse avec un très beau bouquet final! Vous dites:
"Il est vrai qu'il s'agissait d'une faculté plutôt marquée à gauche, ceci explique peut-être cela!"
Là, vous ête aussi prévisible que ceux qui envoient des commentaires "prévisibles" que vous fustigés: Pour vous les "bandes de joyeux drilles" sont de gauche et fainéantes.
Pour un cliché de droite, c'est un cliché de droite! Encore bravo pour votre perspicacité!... Et, contrairement à ceux que vous "épinglés", vous,vous êtes un pro d'après ce que j'ai pu comprendre! Cela aussi c'est vraiment "amusant" !
... Et je reprends cette formule que j'ai déjà utilisée maintes fois aussi valable pour la droite que pour la gauche: Pensez à la poutre dans votre oeil et non pas à la paille dans celui du voisin !
PS: Désolé d'avoir été "prévisible". Mais tournez sept fois vos doigts au-dessus du clavier avant de le "titiller"
Ecrit par : Père Siffleur | 30.03.2008
Pardon, Père Siffleur, d'avoir eu l'outrecuidance d'exprimer mon avis et de rompre ainsi la belle unanimité qui règnait dans vos commentaires et ceux de vos camarades! Et merci de ce joli numéro de pitrerie verbale à tendances psychanalysantes, qui maintient admirablement l'attention loin du sujet de la discussion.
Ecrit par : P.-G. Bieri | 30.03.2008
Tiens, il y a encore des gens qui savent administrer des claques. Cela ne vous fera que du bien, PS.
Ecrit par : Géo | 30.03.2008
Monsieur Bieri,
Les pitreries du pitre n'ont d'égal que les cuistreries du cuistre, à la différence que je revendique mes pitreries, celles d'un Fou du Roi.
De votre côté, vous ne pouvez que revendiquer le fait de n'avoir pas lu tous les commentaires qui suivent le texte de votre collègue, Monsieur A. Maillard. Relisez le tout,bien tranquillement! Vous constaterez que je n'avais fait aucun commentaire avant de vous avoir "épinglé" au sujet vos "clichés". Et pourtant vous dites:
"... rompre ainsi la belle unanimité qui régnait dans VOS commentaires et ceux de VOS camarades!
Mais de quelle unanimité et de quels camarades, parlez vous? Allons, Monsieur Bieri, soyez sérieux, c'est la moindre des choses pour un pro.
Et si vous pensez que c'est être à côté du sujet que de fustiger votre idée xénophobe des valaisans, alors allez au bout de vos idées et proposez l'assurance-chômage au niveau Vaudois uniquement!
Ecrit par : Père Siffleur | 31.03.2008
Vous avez l'air fâché, Père Siffleur. Peut-être est-ce parce que vous maniez habilement la dérision, mais que vous supportez mal que l'on vous réponde sur le même ton? Vous le dites vous-même: vous revendiquez vos pitreries, mais vous "exigez" de moi que je sois sérieux. Vous analysez sentencieusement chacun de mes mots, tout en continuant de dire n'importe quelle bêtise sans rapport avec le sujet (notamment sur ma prétendue xénophobie anti-valaisanne, qui va en faire rire quelques uns!). C'est sûrement une habile technique de débat, mais avec moi ça ne marche pas.
Ecrit par : P.-G. Bieri | 31.03.2008
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