16.07.2009

Et si l’on parlait… de vacances?!

L’initiative populaire fédérale «6 semaines de vacances pour tous» a donc formellement abouti. Lancée en période de haute conjoncture, cette exigence d'introduire par voie législative une durée de six semaines de vacances obligatoires résonne comme d’autant plus incongrue et exagérée par les temps qui courent. Elle constitue un mauvais signal pour la reprise, augurant du développement futur des coûts déjà particulièrement élevés du travail en Suisse. Une augmentation supplémentaire de ces coûts causée par une nouvelle obligation légale généralisée serait de nature à plomber la compétitivité de la place économique suisse.

Au demeurant, les conditions des vacances sont aujourd’hui essentiellement élaborées dans le cadre du partenariat social. Elles sont ainsi adaptées aux besoins et aux possibilités de chaque branche et de chaque entreprise. Limiter cette flexibilité en imposant une augmentation de la durée des vacances par la voie législative serait dommageable pour l'autonomie contractuelle des partenaires sociaux tout comme pour le marché suisse du travail. Il faut qu'il soit toujours possible à l'avenir de moduler les conditions de travail selon les spécificités des branches et des entreprises.

Rappelons aussi que grâce à la flexibilité actuelle, bien que la durée légale des vacances soit fixée à quatre semaines, de nombreux salariés profitent en Suisse de règlements d'entreprise ou de conventions collectives qui vont au-delà du minimum légal. Dans diverses branches, les droits effectifs aux vacances, en particulier pour les catégories d'âge moyen et élevé, sont nettement au-dessus de quatre semaines. Et il faut aussi tenir compte des 8 à 10 jours de congés payés supplémentaires sous forme de jours fériés. On ne peut donc pas prétendre que les travailleurs suisses aient un déficit sur le plan des vacances, ceci d'autant plus qu'ils s'en tirent bien en comparaison internationale.

Olivier Rau

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Commentaires

Il est plus facile de légifèrer que de négocier.Celà devient de plus en plus une option syndicale.

D.J

Ecrit par : D.J | 16.07.2009

Et voila, le centre patronal nous la joue "c'est la crise" ... alors que les gains de productivité on déja depuis longtemps cumulé amené une productivité horaire qui est toujours plus en faveur des chefs d'entreprises.

Alors que la concentration du capital poursuit son bonhomme de chemin en suisse, le patronat n'est jamais prêt à lâcher le moindre gramme.

J'espère que cette fois les suisses ne se laisseront pas berner par la propagandes honteuse et voteront pour LEUR intérêt, à savoir d'avoir plus de vacance.

Ecrit par : Djinius | 16.07.2009

"Au demeurant, les conditions des vacances sont aujourd’hui essentiellement élaborées dans le cadre du partenariat social"

Ah oui, et dans quel fourchette ?

Entre 4 et 5 semaines, et si plus c'est non payé ? Sacré exemple de flexibilité....

Ecrit par : Eastwood | 16.07.2009

"J'espère que cette fois les suisses ne se laisseront pas berner par la propagandes honteuse et voteront pour LEUR intérêt, à savoir d'avoir plus de vacance."

Augmenter les coûts du travail,n'a jamais été dans l'intêret des travailleurs.

D.J

Ecrit par : D.J | 17.07.2009

Encore des remarques du style très moyennageux du milieu patronal. Ils n'ont à nouveau pas compris l'importance du repos par rapport à la productivité. Messieurs, Mesdames les patrons/onnes, je vous défie de m'affirmer que vous n'avez que 4 semaines de vacances.

Pseudos responsabilités des patrons, se sont très souvent les employés qui doivent assumer les réelles responsabilités... quand les patrons, eux, se prélassent au soleil.

Stopez, s'il vous plait, ce discours mensongeur...

Ecrit par : Grrrr | 28.07.2009

Habituellement je ne vais jamais voter mais cette fois-ci je fairai une exeption...

Je me réjouis de glisser un GRAND OUI dans l'urne

Ecrit par : Joan | 30.07.2009

Bonjour,
Malheureusement de nombreux et mauvais amalgames sont faits au sujet l’initiative pour 6 semaines de vacances pour tous. Toutefois, bien qu’ayant moi-même signé l’initiative populaire dans le but d’inciter les institutions fédérales à se pencher sur la question, je pense que le projet a été mal réfléchi, ceci entraînant les diverses dérives et avis antagonistes qu’on peut lire sur le net et dans la presse. En effet, du fait que l’initiative est trop extrême en proposant 6 semaines de vacances et non pas 5 semaines, l’assemblée fédérale ne pouvait que conseiller de rejeter l’initiative. Le peuple va ainsi se retrouver exactement dans le même cas qu’en 1989 lors d’une votation pour « Une Suisse sans armée ». De telles initiatives sont trop extrêmes et donc peu réalistes ou applicables ; de ce fait elles se condamnent d’elles-mêmes à un échec certain, plutôt que de suggérer de plus petits changement moins radicaux, lesquels auraient plus de chances d’être acceptés par tous. Toutefois ce genre d’initiatives exprime des préoccupations réelles.

C’est pourquoi concernant l’initiative 6 semaines de vacances pour tous, SEUL UN CONTRE-PROJET VISANT À 5 SEMAINES DE VACANCES POUR TOUS pourrait à mon avis apporter une solution à cette situation politiquement et socialement regrettable.
La pratique de la démocratie en Suisse - pays des compromis, du respect et de l’éthique - implique aussi un esprit de solidarité. Solidarité envers le plus faible. C’est pourquoi je suis attristée de lire certains commentaires qui font passer les personnes favorables à l’initiative pour 6 semaines de vacances pour des fainéants. D’autant plus que j’ai pu constater dans mon entourage que la plupart des personnes peu favorables ou peu sensibles à l’initiative bénéficient évidement déjà de 5 semaines de vacances !

Il ne faut pas oublier le grand nombre de travailleurs qui effectuent encore 43 heures de travail hebdomadaires (ou même jusqu’à 45h dans certaines professions) dans des conditions difficiles et parfois avec un salaire précaire, et qui n’ont encore seulement 4 semaines de vacances par année. Bien que fière d’être suisse et fière de mon pays ainsi que de son image à l’étranger, et bien qu’étant une travailleuse acharnée et passionnée qui ne compte pas les heures mais se fixe des buts à atteindre pour le succès de l’entreprise, je considère que la Suisse est rétrograde concernant les droits du travail.
Par contre, ne prenons pas continuellement des mauvais exemples tels que celui de la France pour justifier cet état de fait - comme c’est trop souvent le cas dans ce domaine. En effet, étant devenu pratiquement impossible de se débarrasser d’un employé indésirable, à tort ou à raison (…), la France en est venue à pratiquer de plus en plus le mobbing en entreprise - n’ayons pas peur des mots. Donc oui, si des protections sociales trop rigides, des prestations en vacances ou temps de travail hebdomadaire trop couteuses pour les petites et moyennes entreprises, empêcheraient l’économie de se développer et de maintenir la qualité de vie globale, ou engendreraient de nombreuses dérives, dans ce cas le système Suisse est bien supérieur au système français… et n’y touchons pas !
Mais ne nous comparons pas qu’aux mauvais élèves, le bon milieu existe. Il y a des pays européens, tel que le Danemark qui s’y essayent, mais non sans quelques déboires évidement. Du moins, l’intention y est.

A bon entendeur ;-)

Ecrit par : Nathalie Raemy | 09.10.2010

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