24 Heures

10.12.2009

Copenhague : conserver un peu de distance

La grand-messe pour la planète a débuté à Copenhague, avec son cortège d’agitation médiatique. Les déclarations alarmistes des milieux écologiques – dame, il s’agit-là de leur fond de commerce ! – rivalisent avec les manifestations d’activistes tandis qu’on apprend que même des «people», concernés cela va sans dire, ont fait ou feront le voyage, à grand renfort d’avions et de limousines. Bref, tout est en place pour un spectacle, dont les prémices se jouent actuellement, qui sera couronné le 18 décembre prochain par une grande cérémonie finale (pensez, même le nouveau messie B. Obama a annoncé sa présence).

Pour l’heure, on en est aux escarmouches, y compris sur des sujets aussi anodins que la forme du logo de la conférence. Plus sérieusement, on constate que la question des flux financiers nord-sud constitue l’une des pierres d’achoppement. Car il ne faut pas se voiler la face : les questions économiques sont évidemment au centre du débat. On ferait preuve de naïveté à ignorer que, dans de telles rencontres internationales, les Etats ont avant tout le souci de défendre leurs intérêts économiques. Il s’agit, pour les pays les plus puissants, de trouver les moyens de n’accepter que des objectifs minimalistes tout en imposant un maximum de contraintes ou de sacrifices à leurs concurrents. Pour les pays en développement, il s’agit aussi d’obtenir des aides supplémentaires.

Faut-il, dans ce cadre, que la Suisse joue un rôle de « premier de classe » et oublie qu’elle aussi a quelques intérêts économiques à défendre ? On rappellera dans ce cadre que notre pays n’a en aucun cas à rougir des résultats obtenus jusqu’ici. Il sera l’un des rares pays à remplir les objectifs qu’il s’est fixés dans le cadre du protocole de Kyoto tandis que la structure de sa consommation énergétique le place en excellente position sur le plan des émissions par franc de PIB, nettement en deçà des autres pays européens notamment. S’il convient de continuer sur cette voie, cela doit passer par la poursuite des mesures volontaires de l’économie, notamment le Centime climatique, et par une volonté claire de maximiser les investissements là où ils sont les plus rentables, c’est à dire au moyen de l’achat de certificats à l’étranger. Ce souci d’efficacité contribuera aussi au développement des pays en développement ou émergents en facilitant les investissements à leur profit.

Jean-Hugues Busslinger

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