06.05.2009
Politique climatique: pour une 3e voie...
Ainsi donc, le Conseil fédéral s’apprête à envoyer au Parlement un message combinant des mesures dans les domaines du bâtiment et des transports pour réaliser la contribution de la Suisse à la politique climatique internationale de l’après-Kyoto. Ces mesures sont faites d’objectifs climatiques contraignants et laissent largement pour compte les démarches volontaires de l’économie et la compensation des émissions suisses par l’achat de certificats à l’étranger.
C’est pourtant essentiellement grâce aux mesures volontaires de l’économie (action de l’Agence de l’énergie pour l’économie) et à l’action de la Fondation du centime climatique que la Suisse atteindra les objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par le Protocole de Kyoto et la loi fédérale. Pourquoi donc mettre en retrait des instruments qui ont ainsi fait leurs preuves?
Plutôt que les deux variantes étudiées par le Conseil fédéral («Objectifs climatiques contraignants» et «Étapes contraignantes en vue de la neutralité climatique»), il s’agirait d’opter pour une troisième voie fondée sur l’achat de certificats d’émission à l’étranger et les mesures volontaires de l’économie. Quoi qu’il en soit, ce dossier ne doit pas être traité dans la précipitation et il convient à tout le moins de reporter l’adoption de la révision de la loi sur le CO2 après la signature d’un Traité international «post-Kyoto»…
Olivier Rau
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24.04.2009
Juste deux empreintes…
La prochaine votation sur les passeports biométriques déclenche des réactions passionnelles, qui transcendent totalement des clivages politiques habituels. Beaucoup de gens craignent l’arrivée d’une puce électronique dans leurs documents de voyage, et redoutent encore plus l’enregistrement des données des passeports dans le fichier central de la Confédération.
D’accord, la peur ne se commande pas… Mais elle ne doit pas bloquer toute faculté de raisonner. Nos noms, prénoms, dates de naissance et domicile figurent déjà dans de multiples bases de données. Seule l’image de deux de nos empreintes digitales constitue une véritable nouveauté. A supposer qu’un petit génie de l’informatique parvienne à entrer dans le fichier «ISA», que pourrait-il bien faire avec ces empreintes… qu’il ne soit pas déjà capable de faire aujourd’hui par un autre moyen?
Certes, on n’est jamais sûr de rien; il n’empêche qu’on ne voit pas très bien comment, même dans ce cas exceptionnel, deux de nos empreintes pourraient nous mettre en danger, voire étaler au grand jour notre vie privée.
Cette réponse prudente – qui reste peut-être insatisfaisante mais que l’on ne peut tout de même pas qualifier d’inquiétante – doit être confrontée avec le fait qu’une cinquantaine de pays ont déjà adopté le nouveau passeport électronique, qu’il y en aura une centaine à la fin de cette année et que cette technique est appelée à se généraliser.
On ne cesse de nous répéter que la Suisse devrait s’aligner sur tout ce qui se fait au niveau international; alors, pour une fois que cela se justifie vraiment (on parle ici de documents de voyage!), on ne comprend pas pourquoi quelques craintes diffuses devraient l’emporter sur la raison.
P.-G. Bieri
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19.02.2009
La grève n’est qu’une solution de derniers recours dans des situations graves
Dans le canton de Vaud, les maîtres de gymnase qui protestent contre la nouvelle grille salariale Decfo-Sysrem envisagent une nouvelle journée de grève le 26 février prochain. Ils se sont sentis pousser des ailes par le fait que l’Organe de conciliation et d’arbitrage a confirmé l’«acte de non conciliation» déjà délivré l’année passée. La presse et les syndicats d’enseignants ont triomphalement déclaré que la grève était désormais «licite».
Voire. 24 heures du 16 janvier dernier rappelait aussi que, selon la loi sur le personnel de l’Etat, une éventuelle grève doit être «proportionnée au but poursuivi» et n’intervenir «qu’en dernier ressort». C’est d’ailleurs cette conception qui continue encore et toujours de prévaloir dans les constitutions cantonale et fédérale: la grève doit rester une solution de dernier recours. Le passage devant un organe de conciliation constitue un préalable impératif, mais son échec ne doit pas légaliser automatiquement le passage à l’acte. C’est particulièrement vrai dans le cas présent, accessoirement parce que la presse a ouvertement signalé le manque d’impartialité des membres de l’organe de conciliation, et principalement parce qu’il est toujours question de négociations entre les syndicats d’enseignants et le Conseil d’Etat.
D’une manière plus générale, il convient de réaffirmer que la grève constitue un acte de violence auquel on ne peut recourir que dans des situations graves. L’insatisfaction quant à l’évolution des conditions de rémunération, fût-elle justifiée, n’entre pas dans cette catégorie.
P.-G. Bieri
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28.10.2008
La culture est l’une des séductions vaudoises
Le Centre Patronal s’est engagée de longue date en faveur d’un nouveau Musée cantonal des Beaux-Arts. Cette implication est naturelle. L’atout que représente l’offre culturelle trouve forcément un écho auprès des acteurs économiques de notre pays, pour des motifs touristiques et plus largement d’accueil, mais aussi parce que le canton de Vaud doit afficher ses ambitions dans la vie de l’esprit.
Or les collections détenues aujourd’hui, qui sont de belle tenue, sont insuffisamment exploitées et mises en valeur, faute de place. Par ailleurs, les trésors de certaines collections privées sont promis au Musée et peuvent lui apporter un complément décisif pour le hisser au niveau des places reconnues des amateurs d’art. Mais cela ne se produira ni n’importe où, ni n’importe quand.
Pour notre part, nous nous refusons à sacraliser les rives du lac. Un bâtiment ne dénature pas par définition son environnement naturel et cela se vérifie très particulièrement en l’espèce. Par ailleurs, les Vaudois ne sont pas appelés à se prononcer sur un choix entre Bellerive et Rumine, où il n’y a pas de projet «en réserve».
On ne saurait non plus remettre la réalisation d’un musée à des lendemains à la fois lointains et incertains, entre autres parce que tous ses bienfaiteurs sont las d’attendre. Qu’ils se soient engagés à lever des fonds par millions pour financer la construction ou à déposer sur le long terme, voire à donner, des ensembles majeurs du patrimoine artistique mondial, il est naturel que ces mécènes aient fait savoir qu’ils n’attendraient pas éternellement le bon vouloir de ceux-là mêmes qu’ils se proposent de gratifier. Quant à leurs exigences que les structures d’accueil, de conservation et d’exposition soient à la hauteur, elles sont en harmonie avec la passion que les personnes mettent à constituer des collections.
C’est ainsi avec enthousiasme que nous soutenons le projet de Bellerive. Nous gageons qu’il s’agira du Musée de tous les Vaudois ainsi que de leurs hôtes, et qu’il constituera l’une des réalisations qui contribuent au succès du canton.
Christophe Reymond
«Le canton de Vaud doit afficher ses ambitions dans la vie de l’esprit.»
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16.10.2008
De l’utilité des riches contribuables et des privilèges infinis accordés aux plus modestes
Les salaires des patrons des entreprises publiques helvétiques ont été publiés, et aussitôt la gauche a crié au scandale. Par habitude. Par réflexe. Quand on entend le mot «patron»…
On ne va pas discuter ici de savoir si ces rémunérations sont trop élevées ou non. Elles le sont peut-être; mais il faudrait prendre le temps d’analyser ces situations une à une et calmement plutôt que de lancer des anathèmes faciles destinés à flatter l’électorat. Pour aujourd’hui, on se contentera de constater, d’une part, que l’appât du gain n’est pas réservé qu’à l’économie privée – car on parle bien ici d’entreprises publiques.
D’autre part, on a envie de rappeler que les grands patrons, eux, paient des impôts. Que leur argent n’est donc pas perdu pour tout le monde et qu’il profite en particulier à quelques collectivités publiques. Le canton de Vaud redécouvre cruellement cette vérité avec le départ en Valais de M. Brabeck – au grand dam des socialistes qui rêvent toujours de construire des murs autour de leurs «paradis». Avec un peu moins d’éclat médiatique, la Ville de Lausanne fait savoir qu’elle aurait bien besoin de retrouver quelques contribuables aisés; la Municipalité rose-verte réalise que son électorat traditionnel ne suffit pas à remplir ses caisses.
Dernier commentaire: si la chasse aux riches est devenue tellement indispensable, c’est aussi parce que de très nombreuses personnes, dans notre canton, ne paient aucun impôt. Près d’un contribuable sur cinq, paraît-il, ne paie rien, même pas un petit montant symbolique proportionnel à ce qu’il gagne. On ne peut même plus calculer le rapport entre la charge fiscale de ces gens et celles des autres contribuables puisque ce rapport, mathématiquement, est infini. Que pensent les thuriféraires de la «justice fiscale» de cette disproportion?
P.-G. Bieri
Près d’un contribuable sur cinq, paraît-il, ne paie rien, même pas un petit montant symbolique proportionnel à ce qu’il gagne.
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11.09.2008
Lausanne-Genève: coup de chapeau au réalisme de M. Leuenberger
Interrogé à propos de l’élargissement de l’autoroute Lausanne-Genève, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a répondu (24 heures du 10.09.2008): «Ce tronçon comporte des goulets d’étranglement, notamment autour de Genève et Lausanne. Pour nous, les critères sont clairs: dès qu’on atteint un certain nombre de véhicules par jour sur une partie du réseau, celui-ci devient aussitôt sujet de discussion. Nous allons donc présenter nos propositions dans le programme pour l’élimination des goulets début 2009.»
On ne sait pas encore exactement comment cette question sera traitée dans le futur programme de M. Leuenberger, mais on se réjouit déjà de constater un certain réalisme dans les propos du ministre des transports. On peut penser ce que l’on veut du trafic automobile, le vouer aux gémonies à cause de la pollution, l’apprécier pour la souplesse et la liberté qu’il offre, le considérer comme un mal nécessaire; en attendant, les voitures continuent de rouler et les mesures qui visent à entraver le trafic causent plus de problèmes, de bouchons, de pollution et de pertes de temps que les mesures destinées à l’absorber.
Plus de 14'000 personnes ont signé la pétition remise à fin août au Grand Conseil vaudois, et qui demande entre autres un élargissement de l’autoroute là où cela permettra de fluidifier la circulation. Les auteurs de cette pétition ne jouent pas la route contre le rail puisqu’ils soutiennent aussi la réalisation d’une troisième voie ferroviaire: les deux modes de transport sont nécessaires et complémentaires. On attend maintenant des autorités vaudoises qu’elles abandonnent tout dogmatisme anti-voiture et qu'elles fassent preuve du même réalisme que M. Leuenberger: laisser le trafic automobile s’engorger ne le fait pas disparaître et ne fait qu’aggraver ses nuisances.
P.-G. Bieri
Les mesures qui visent à entraver le trafic causent plus de problèmes, de bouchons, de pollution et de pertes de temps que les mesures destinées à l’absorber.
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29.04.2008
La Suisse ne doit pas se priver d’une matière grise précieuse
Lors d’une conférence donnée début avril devant les membres de l’Association vaudoise des banques, Patrick Aebischer, le patron de l’EPFL, a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme. La nouvelle législation fédérale sur les étrangers, entrée en vigueur le 1er janvier 2008, limite fortement les possibilités, pour les étudiants étrangers non ressortissants de l’UE ou de l’AELE, de rester dans notre pays après leurs études, pour y chercher du travail, fonder une start up ou participer à des programmes de recherches.
Des députés de certains cantons universitaires romands, y compris des députés vaudois, s’en sont eux aussi émus et demandent à leurs gouvernements respectifs d’intervenir auprès de la Confédération pour réclamer un assouplissement de cette politique restrictive. A juste titre. Notre pays ne doit pas se priver des cerveaux qu’il a contribué à former et pour lesquels il a beaucoup investi. Il doit au contraire tout faire pour retirer les fruits de cet investissement et conserver ces brillants éléments, qui contribuent grandement au dynamisme de notre économie.
Puissent les efforts conjugués des Hautes Ecoles, des milieux économiques et des cantons universitaires être couronnés de succès !
Alain Maillard
La nouvelle législation fédérale sur les étrangers, entrée en vigueur le 1er janvier 2008, limite fortement les possibilités, pour les étudiants étrangers non ressortissants de l’UE ou de l’AELE, de rester dans notre pays après leurs études
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